infos diverses
Publié le 01/12/2008 à 12:00 par toutsurlereikietlenergiedelaterre
Le Reiki (靈氣, 霊氣 ou 霊気, Reiki? [ˌreɪki]) est une médecine non conventionnelle d'origine japonaise, basée sur des soins énergétiques par imposition des mains.
L'efficacité du Reiki et l'existence du ki ne sont pas scientifiquement validées[1].
Sommaire [masquer]
1 Description et Historique
2 La méthode
3 Les différentes écoles et courants Reiki
4 Initiation des différents degrés au Reiki traditionnel
5 Gokai : Les cinq Principes (ou préceptes) du Reiki Usui
6 Le Reiki dans le Monde
7 Études scientifiques
8 Critiques
9 Notes et références
10 Bibliographie
11 Liens externes
Description et Historique
Le terme « Reiki » existe dans le shingon où on évoque lors des méditations le fait d'absorber le reiki de l'univers ainsi que dans le shinto où le terme désigne les initiations. La première publication sur le sujet date de 1919 au Japon, sous la plume d'un naturopathe nommé Mataji Kawakami, et dans son ouvrage « Reiki Ryoho to sono Koka » (« Reiki Ryoho et ses effets »). Le terme ne sera utilisé par Mikao Usui qu'à partir de 1924. Préalablement, la méthode de soin porte les noms d'Usui-Do (voie de M. Usui) ou Usui Té-Até (guérison par le toucher de M. Usui). La syllabe « rei » désigne l'esprit. La syllabe « ki » est issue du chinois « qi » (prononcer « tchi »), qui désigne une des trois forces au sein de l'être humain. Le Reiki est donc étymologiquement dans son sens doctrinal : L'esprit et l'énergie personnels.
La méthode de soin appelée Reiki fut mise au point au Japon par son fondateur le Dr Mikao Usui (1865-1926) à partir de 1922, peut-être même avant 1918. Son expansion en Occident est due d'un côté à la branche nippo-américaine de Mme Hawayo Takata et de sa petite fille, qui transmirent les principes élémentaires du Reiki et des techniques très simplifiées, et formèrent des maîtres occidentaux depuis les années 1970 (principalement dans le courant new age et les spiritualités modernes) et de l'autre côté à la branche japonaise directement liée à un de ses élèves Chujiro Hayashi, introduite directement depuis le Japon en Europe au début des années 2000.
La méthode
D'après ses praticiens, le but du Reiki est de soulager les souffrances, d'apporter un calme mental, une paix intérieure et un bien-être en général. Il se fonderait ainsi sur le concept ésotérique traditionnel japonais du ki, « énergie universelle de vie » (l'équivalent du Ch'i chinois et du prâna indien), le « souffle vital » qui circule partout dans la Nature, notamment dans le corps, permettant son fonctionnement et reliant les êtres entre eux.
Certains praticiens associent le Reiki à l'activation des 7 chakras du yoga. Ce système de l'Inde est connu au Japon à travers le système bouddhiste, lequel s'appuie sur 5 centres subtils correspondant aux 5 éléments, et le Shintô/Taoïsme, comme l'acupuncture, sur un système de 3 centres subtils.
Le système de progression dans le Reiki est visiblement très inspiré du shintoïsme japonais, dont il reprend en partie le système d'initiation lequel est dénommé « Reikiki » ou « Reiki-kanjō » dans le Shintô traditionnel[2]. Il se réfère aussi en partie au système bouddhiste, notamment à la psychologie bouddhique tantrique (vacuité de l'ego) : ainsi l'un des symboles reiki est la représentation picturale du mantra de la compassion, la syllabe (bija) « hrih » qui symbolise le bouddha Amitabha. Le symbole utilisé par le maître pour conférer l'initiation (dai-komyo) renvoie au mantra shingon Komyo (lumière brillante) en relation avec la doctrine bouddhique de la claire lumière fondamentale[3] lequel est représenté dans cette tradition par un mandala dans lequel le bouddha Vairocana est entouré des couleurs de l'arc-en-ciel avec en périphérie 23 lunes blanches comprenant des lettres sanscrites.
Les principaux symboles du Reiki transmis dans les enseignements du second et du troisième degrés sont : le Cho Ku Rei, le Sei He Ki, le Hon Sha Ze Sho Nen, le Dai Ko Myo. Ils sont tracés ou visualisés durant la séance de Reiki. Dans la pratique, l'imposition des mains est sensée transmettre « de l'énergie », c'est-à-dire « une force en mouvement ».
Les différentes écoles et courants Reiki
Les écoles traditionnelles :
La méthode originelle du Dr Usui : le Usui-do en 1922 et le Usui-Té-Até en 1925 (reconnue par la Diète, le Parlement du Japon, comme non-attentatoire à l'exercice légal de la médecine en 1924) ;
Depuis la mort de Mikao Usui et dans sa succession : la Usui Reiki Ryoho Gakkaï (Fondation Usui au Japon). Cette fondation est très fermée et il est très difficile d'y entrer sans invitation préalable d'un membre et approbation de l'ensemble des membres. Ses membres n'ont pas le droit d'enseigner ni de pratiquer le Reiki à l'extérieur de la fondation.
Depuis 1932, par scission de la Usui Reiki Ryoho Gakkaï : Hayashi Reiki de Chujiro Hayashi.
Les écoles modernes :
Depuis 1938, par scission de la Hayashi Reiki : le Usui Shiki Ryoho de Mme Hawayo Takata ;
Par scission de la Hayashi Reiki : le Komyo Reiki
Dans la succession du Hayashi Reiki Kenkyukai (Institut) et en liaison avec Yamaguchi Chiyoko : le Jikiden Reiki ;
Par scission de la Usui Reiki Ryoho Gakkaï et liaisons par Suzuki San, nonne Bouddhiste, et de Christ Marsh : Usui Teate ;
Par scission de la Usui Reiki Ryoho Gakkaï et du Usui Shiki Ryoho : le Gendai Reiki.
Les écoles n'étant pas associées au Reiki Usui et intégrant d'autres techniques spiritualistes :
Plusieurs dizaines (au moins 72)[citation nécessaire] écoles commerciales de Reiki autre et/ou new-age : dont le Reiki Shamballah et le Reiki Karuna.
Initiation des différents degrés au Reiki traditionnel
Pour devenir praticien, il est nécessaire de recevoir une initiation ou harmonisation par un « maître enseignant de Reiki Usui ».
Le passage des niveaux est généralement payant, le « maître Reiki » exécute un « rituel initiatique » ou « harmonisation » au cours duquel certains symboles seront appris à l'élève en fonction de son niveau, et un processus d'« équilibrage énergétique » sera « éveillé » et « stimulé ».
Un maître Reiki doit pouvoir fournir la liste des Maîtres qui ont transmis leurs enseignements jusqu'à lui.
le premier degré (Shoden) est censé reconnecter à la « source universelle », l'initié devant acquérir la capacité consciente de canaliser le Reiki par imposition des mains. L'origine du Reiki Usui, les bases, ainsi que des techniques de soins pour soi-même et pour les autres sont enseignées ;
le deuxième degré (Okuden) aurait pour rôle de renforcer la connexion, des symboles favorisant la concentration de l’esprit pour canaliser l’émission du Reiki à distance seraient transmis au praticien. Il aide à travailler sur une « guérison intérieure » ;
le troisième degré (Shinpiden) donnerait accès à la transmission des enseignements et des initiations (potentiellement rémunératrices) en tant que « maître enseignant de Reiki ». Peut être divisé en deux parties.
Gokai : Les cinq Principes (ou préceptes) du Reiki Usui
Ils ont été énoncés par Mikao Usui.
Juste aujourd’hui (今日だけは, Kyō dake wa?) :
Ne te mets pas en colère (怒るな, Okuru, ou Ikaru, na?)
Ne te fais pas de souci (心配すな, Shinpai suna?)
Sois rempli de gratitude (感謝して, Kansha shite?)
Accomplis ton devoir avec diligence (行を励め, Gyō o hageme?)
Sois bienveillant avec les autres, et toi-même (人に親切に, Hito ni shinsetsu ni?)
Le Reiki dans le Monde
Selon le rapport de l'Organisation mondiale de la santé de 2001 qui évalue le statut (usage, reconnaissance, enseignement, remboursement) des médecines non conventionnelles dans le monde[4]. Elle note dans le chapitre Éducation et formation que depuis 1990, plus de 300 médecins des états scandinaves et baltiques de la Lettonie, l'Estonie et la Lituanie ont accompli des formations en acupuncture et en médecine chinoise traditionnelle. Ces cycles d'enseignement comportent notamment des cours de qualification au Reiki et à l'astrologie médicale.
En Grande-Bretagne, le National Health Service (NHS) a recruté un praticien Reiki pour le Middlesex Hospital en 2005[5].
En Suisse certaines complémentaires santé comme Groupe Mutuel[6] et l'assurance Supra[7] remboursent les consultations de Reiki comme une trentaine d'autres médecines non-conventionnelles après une reconnaissance des praticiens par des organismes indépendants comme le « Registre de Médecine Empirique (RME)[8] » et la « Fondation pour la reconnaissance et le développement des thérapies alternatives et complémentaires (ASCA)[9] ».
En 1999, Andrew Weil prédit que « le Reiki, le toucher thérapeutique, l'homéopathie et la médecine énergétique vont bénéficier d'une grande attention médicale au cours de la prochaine décennie »[10].
Études scientifiques
D'après les Instituts nationaux de Santé des États-Unis, le Reiki n'est pas une médecine fondée sur des faits mais une croyance basée sur la foi[11].
Le Conseil national contre les fraudes dans le domaine de la santé des États-Unis déclare que les effets attribués au Reiki sont d'origine psychologique, comme ceux que l'on peut constater dans l'effet placebo ou la suggestion, et qu'il n'y aurait pas de réel effet[12], voire aucun effet[13].
Selon Edzard Ernst, professeur de médecine complémentaire, après avoir étudié toute la littérature sur le Reiki, rien n'indique que son efficacité dépasse celle de l'effet placebo[5].
L'existence du ki et l'efficacité du reiki restent à prouver pour la majorité de la communauté scientifique. En effet bien que des petites études semblent suggérer une possible efficacité, aucune étude d'importance n'a prouvé l'efficacité du reiki. En 2008 une revue systématique de toutes les études publiées à ce jour sur le reiki a été réalisée afin d'évaluer les preuves de son efficacité[1]. Sur deux cent cinq études potentielles qui ont été identifiées, seulement neuf essais cliniques randomisés ont atteint les critères de qualité définies. Les auteurs ont retrouvé des faiblesses méthodologiques (petits échantillons, protocole inadapté, manque d'information) pour la plupart des études et ont conclu que les preuves scientifiques étaient insuffisantes pour suggérer l'efficacité du Reiki dans le traitement de n'importe quelle maladie.
Selon le Centre National pour les médecines complémentaires et alternatives (NCCAM) des États-Unis, on ne sait pas si le Reiki influence la santé et comment il pourrait le faire[14]. Le NCCAM mandate des études[15] pour en savoir plus sur l'efficacité du Reiki dans diverses situations comme le stress, le SIDA, le cancer de la prostate, la fibromyalgie, la douleur neuropathique et les facteurs de risque cardiovasculaires.
Critiques
Des questions sur le risque d'emprise mentale ont été soulevées : certaines critiques dénoncent l'exploitation de l'espoir et de la peur des malades pour de l'argent, en échange d'un simple effet placebo. Cette pratique peut ainsi mettre en danger la vie de certains patients qui rejettent la médecine conventionnelle en ne pratiquant que le Reiki ou d'autres médecines non conventionnelles[16].
En France, en raison de « faits inquiétants », l'UNADFI (Union Nationale des Associations de Défense des Familles et de l'Individu victimes de sectes), demande aux personnes souhaitant pratiquer le reiki de « distinguer les pratiques sérieuses et enrichissantes des pratiques manipulatoires »[17]. La Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (MIVILUDES) cite le Reiki dans son rapport de 2005 dans le chapitre L’Irrationnel et pratiques thérapeutiques[18]. Elle note un grand retour de la pensée magique et la croyance que les miracles pourraient être une alternative possible à des méthodes thérapeutiques conventionnelles[19]. Elle remarque également que des « groupes, souvent d’inspiration orientaliste et revendiquant parfois le titre de thérapies énergétiques entretiennent ainsi l’idée d’apparence plus pragmatique selon laquelle chacun pourrait devenir son propre guérisseur, après initiation. Mais la croyance selon laquelle il serait donné à chacun, après formation accélérée, de transmettre ou de recevoir ce pouvoir de canalisation d’une "énergie vitale universelle" promue force de guérison, compose elle aussi une vision bien peu rationnelle de la médecine ; parce qu’elle repose sur un fondement dénué de toute objectivité scientifique, elle peut d’autant plus facilement déboucher sur des dérapages éventuels, ainsi qu’en attestent certains témoignages de pratiques de guérison à distance, voire par téléphone, actuellement, développées par certains adeptes du Reiki. »
Selon le Docteur Jarvis, du National Council Against Health Fraud, la littérature sur le Reiki présente des informations et des faits inexacts ou faux, et explique aux praticiens comment contourner la loi afin de se protéger de la réglementation et dégager leur responsabilité[12]. Il indique également que la pratique du Reiki pourrait être incompatible avec d'autres croyances religieuses [20]. Pour les « catholiques unis dans la foi », par exemple, « le Reiki n'est pas une pratique médicale crédible, ni compatible avec le christianisme », car pour eux, « Jésus-Christ, le guérisseur divin, est la vraie source de guérison spirituelle et de liberté »[21].
Notes et références
↑ a b Effects of reiki in clinical practice: a systematic review of randomized clinical trials [archive], M. S. Lee, M. H. Pittler, E. Ernst, International Journal of Clinical Practice, 2008.
↑ (en) The Ritual World of Buddhist “Shinto” [archive], Fabio Rambelli, Japanese Journal of Religious Studies, 2002
↑ The Komyo Shingon - The Mantra of Light [archive], All Energy-Therapies Web
↑ (en) Legal Status of Traditional Medicine and Complementary/Alternative Medicine : A Worldwide Review [archive], Organisation mondiale de la santé, 2001.
↑ a b (en) Brits Endorse Flakey Reiki [archive], article du Time, 28 mars 2005, auteur Leon Jaroff
↑ Contrat Global Sante du Groupe Mutuel [archive]
↑ Assurance Supra [archive]
↑ Registre de Médecine Empirique [archive]
↑ Fondation pour la reconnaissance et le développement des thérapies alternatives et complémentaires [archive]
↑ Andrew Weil prédit un bel avenir au Reiki [archive], passeportsante.net, 1999.
↑ (en) An Introduction to Reiki [archive] National Center for Complimentary and Alternative Medicine, National Institutes of Health « Since little is known scientifically about Reiki, accepting its teachings about its healing properties and about ki is a matter of faith. »
↑ a b Reiki [archive], William T. Jarvis, Ph.D., National Council Against Health Fraud
↑ (en) An Introduction to Reiki [archive] National Center for Complimentary and Alternative Medicine, National Institutes of Health « Some people believe that effects attributed to Reiki occur for psychological reasons (such as the placebo effect or suggestibility), or that there are no true effects. »
↑ (en) An Introduction to Reiki [archive] National Center for Complimentary and Alternative Medicine, National Institutes of Health « It is not fully known whether Reiki influences health and how it might do so. The existence of ki has not been proven scientifically. »
↑ Liste des études sur le Reiki mandaté par le NCCAM [archive], sur clinicaltrials.gov
↑ (en) Some Thoughts about "CAM" Beliefs [archive]
↑ Le reiki et ses dérives [archive], UNADFI
↑ Rapport 2005 [archive] de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (MIVILUDES), page 51.
↑ Elle note ainsi qu'une « tendance s’affirme autour de la pensée magique et de la quête de spiritualité accompagnée de la foi dans le miracle apte à guérir et à sauver des vies. »Les pratiques de santé basées sur l'irrationnel [archive],Miviludes
↑ Sur Medic8 [archive] « Some people feel Reiki is incompatible with their religious or spiritual beliefs. »
↑ Sur le site de CUF [archive]
Bibliographie [modifier]
La quintessence du Reiki, Niando, ISBN 9788493106287
Ronald Mary, Le Reiki aujourd'hui, Souffle d'Or
Diane Stein, Reiki essentiel, Guy Trédaniel, 2004, ISBN 285707929X
Patrice Gros, L'Art et la pratique spirituelle du Reiki, Alphée
Frank Arjava Petter, Feu de Reiki, Niando
Elisabeth Dufour, Initiation pratique au reiki - apprenez à canaliser les énergies, Cristal 2003, ISBN 2848950048
Jean Dan'Dokpon, Grand livre du reiki tibétain - les symboles et les degrés, Exclusif 2003, ISBN 2848910003
Paulette Gagnon et Nathalie Lachance, Reiki - Un pont entre deux mondes, Marie-Lakshmi, ISBN 2921662035
Reiki, ouvrir le coeur, éveiller l'esprit, Le Rocher.
Bronwen, Le reiki livre source - 70 techniques japonaises et occidentales illustrées, Exclusif, ISBN 9782848910635
Jean-Pierre Chupin, Reiki - le livre du Maître, Alphée, 2006, ISBN 2753801886
Joël Vichery, Reiki -Rituels et Symboles- Tous les Degrés, Trajectoire
Jean Dan'Dokpon, Le Grand Livre du Reiki Chamanique, Exclusif
Reiki: Universal Life Energy, Bodo J. Baginski, Shalila Sharamon, Alois Hanslian & Chris Baker, English print: Life Rhythm, 1988, ISBN 0-940795-02-7 (en anglais)
Liens externes
Article sur Passeport Santé [archive]
Dossier Agence Science-Presse [archive]
Article sur le Reiki sur psychologies.com [archive]
Liens critiques
Le Reiki [archive], extraits de la publication « LE REIKI. Mouvement de guérison magique, fondé par le Japonais Usui ». Edit. GEMPPI - Bulletin Découvertes sur les sectes et religions, n°43, octobre 1999. En ligne sur info-sectes page consultée le 23 janvier 2008.
Prevensectes [archive]
(en) Dictionnaire sceptique [archive]
Publié le 01/12/2008 à 12:00 par toutsurlereikietlenergiedelaterre
Qui dit Reiki?
par Léon René de Cotret
Les reikistes prolifèrent et les écoles se contestent: la technique de guérison «millénaire» est en pleine crise d'adolescence!
Tout ce qui brille n'est pas or et le Reiki brille beaucoup: la guérison par l'imposition des mains à la portée de chacun, un art sacré et ésotérique redevenu accessible, la faculté de se rééquilibrer grâce à la force de vie universelle, la canalisation de l'énergie d'amour, l'harmonie de son être, l'union à la Source...
J'ai un préjugé favorable envers la guérison énergétique, car je connais les effets bénéfiques de plusieurs approches, mais je garde l'esprit critique. Dès la première entrevue, on m'assure que le Reiki permet de recouvrer santé et bien-être. Cette technique serait libre, simple, puissante et compatible avec tout autre traitement. De plus, elle agirait autant sur les humains que sur les plantes, les animaux et même les situations. On me parle de guérison de migraines, d'ulcères, d'arthrite et de maladies cutanées mais aussi de cancers, du sida ou de la sclérose en plaques. Rien de moins.
Un traitement Reiki utilise l'imposition des mains sur différentes parties du corps pour canaliser et transmettre l'«énergie universelle» sensée ramener équilibre et harmonie chez la personne traitée. Le contact physique direct n'est pas nécessaire et le port de vêtements n'entrave pas le passage de l'énergie. On peut même utiliser le Reiki pour traiter à distance en visualisant le corps de la personne à traiter, à condition que celle-ci ait été prévenue du moment du traitement. Le Reiki aide et accélère le «processus de guérison naturel», peu importe la maladie. En fait, le Reiki serait surtout destiné à l'autoguérison et il vaudrait mieux recevoir la première initiation et pouvoir ensuite se traiter soi-même pour toujours que de recevoir une série de traitements ponctuels. Dans le même ordre d'idée, on suggère qu'il y ait un initié Reiki par famille.
Après quelques lectures, je décide de plonger et je m'engage dans le premier niveau. Il y a trois niveaux d'initiation Reiki. Les deux premiers sont simplement nommés 1 et 2 alors que le troisième est souvent appelé niveau maître. On distingue toutefois deux types de maîtres: les thérapeutes (parfois appelés de niveau 3) et les enseignants (parfois appelés de niveau 4). Seuls ces derniers peuvent initier d'autres maîtres. La première initiation est censée ouvrir un canal spécifique situé au sommet de la tête, destiné à capter l'énergie, et deux autres canaux, un dans chaque main, pour transmettre cette énergie. Généralement, l'initiation se fait en groupes de 5 à 15 personnes.
Voilà, mon canal est ouvert
Le maître Pierre Verot me rappelle que le mot Reiki vient de rei pour universel, illimité, uni, et ki pour l'énergie vitale présente chez tous les vivants. Reiki, c'est l'énergie universelle. Il m'explique aussi que Mikao Usui, qui a redécouvert le Reiki vers 1850, a trouvé d'anciens symboles sacrés et secrets «très puissants» et que ces symboles seront utilisés pour mon initiation. Si je poursuis au niveau 2, trois de ces symboles me seront révélés. Il y en aurait six en tout.
Après une période de détente et d'intériorisation, me voilà assis sur une chaise, yeux clos. L'atmosphère est calme et empreinte de solennité. Je suis invité à joindre les mains à la hauteur de mon abdomen, plus tard je les placerai sur mes genoux, paumes vers le haut. Mon initiateur se trouve derrière moi, une main sur ma tête, et je sens que, de l'autre, il fait divers gestes. Il fera d'ailleurs ces gestes, que j'imagine rituels, pendant tout le processus. Il se déplace pour venir devant moi, souffle dans mes mains jointes puis sur ma tête et enfin donne une légère claque sur chacune de mes mains posées sur mes genoux. Le scénario se répète à quatre reprises. Et me voilà initié pour la vie. Mon «canal Reiki» sera toujours disponible, même si je décide de ne pas l'utiliser pendant plusieurs années. Le tout a duré moins d'une demi-heure. Suis-je plus «canal» qu'avant?
Pendant les jours suivants, j'impose assidûment les mains sur mes chakras. Il me semble constater une différence subtile dans ma vie. Je me «centre» plus facilement et l'imposition des mains me calme et m'énergise à la fois. Mais on sait que le simple fait de prendre soin de soi et de s'intérioriser pendant 30 minutes chaque jour ne peut être que bénéfique. Quelle part de l'amélioration de mon bien-être est due au Reiki?
En avant pour le deuxième niveau
Quelques semaines plus tard, je rencontre de nouveau Pierre Verot. Il me révèle les trois symboles, puis procède à une nouvelle initiation, semblable à la première. Le premier symbole me fait penser à un idéogramme chinois. Je suis invité à l'apprendre en le dessinant, en le visualisant et en prononçant son nom. Je m'exécute. Aussitôt, je suis comme frappé par la foudre, mais en douceur. Mystère... Je ressens une grande paix, mais, en même temps, j'ai l'impression qu'il y a de la puissance dans le simple fait que chaque chose soit à sa place, en ce moment même, dans cet appartement ordinaire. Un sentiment similaire à celui que procure le «happy end» d'un film américain ou l'instant magique où toutes les pièces d'un cube Rubik tombent enfin en place.
Pendant ce temps, Pierre corrige mes dessins comme si de rien n'était. J'appelle mon esprit critique à la rescousse; peut-être que je désire inconsciemment des résultats spectaculaires ou que je me laisse enthousiasmer par la «révélation» de symboles secrets immémoriaux. Poursuivons avec calme et vigilance.
Deuxième, puis troisième symbole. Leur forme est un peu plus complexe que celle du premier. Je les dessine de mon mieux, les visualise et dis leurs noms. La lumière viendrait-elle de changer de couleur dans la pièce? Re-foudre, en douceur. J'ai l'impression de comprendre ce qu'essayaient d'exprimer les maîtres que j'ai interviewés depuis le début de mes recherches. Ces gens aiment profondément le Reiki et le décrivent comme un art magnifique, sacré, animé par l'amour universel. Ils lui sont fidèles et le respectent sans le moindre dogmatisme. La plupart ne peuvent m'expliquer comment il fonctionne, mais me racontent les résultats superbes et souvent inattendus qu'ils obtiennent. Ils disent que le Reiki doit rester à la fois pur et libre, qu'il possède une base très rigoureuse, mais que chacun doit l'utiliser selon sa propre intuition. J'avais cru bien saisir tout cela. Soudain, je l'expérimente.
Maintenant que je possède les trois symboles, la seconde initiation se déroule comme la première mais j'y suis plus abandonné et je cherche moins à analyser ce qui m'arrive. Je suis fort surpris et bien content de l'être.
Je ne peux pas vraiment juger des effets guérisseurs des symboles Reiki car je ne les utilise que depuis peu de temps. Je me suis surtout servi du premier, et il semble avoir contribué à éliminer mes maux de tête et à soulager les douleurs dans le dos d'une personne que j'ai traitée. Chaque fois que je visualise le symbole, je suis encore étonné par la «centration», la clarté et l'énergie qu'il m'apporte.
Avec les médecines énergétiques, il est évidemment très difficile d'effectuer des tests cliniques spécifiques, d'autant plus que l'un des préceptes du Reiki veut que l'énergie universelle possède sa propre intelligence et se dirige là où le patient en a besoin, et pas nécessairement là où le patient veut l'orienter. De plus, on imagine facilement que la Corporation des médecins ne soit pas particulièrement encline à «perdre son temps» à vérifier la validité de ce genre de traitement. Pourtant, les livres sur le Reiki rapportent de nombreux témoignages de guérisons, parfois quasi miraculeuses.
Qui possède le «véritable enseignement original»?
C'est sa popularité grandissante et son introduction récente en Amérique qui pourraient expliquer la crise d'adolescence que traverse actuellement le Reiki. Ce n'est qu'à la fin des années 70 que Hawayo Takata, alors détentrice de la tradition Reiki et seul maître en Amérique, a consenti à former d'autres maîtres, 22 en tout. Depuis, le Reiki est devenu une thérapie à la mode, comme le montre le nombre d'annonces publiées depuis quelque temps dans le Guide Ressources.
Depuis la mort de Takata en 1980, comme cela se produit souvent à la disparition d'un maître, surtout lorsque l'enseignement est oral, plusieurs disciples prétendent chacun de son côté préserver et transmettre le «véritable enseignement original» ou encore avoir reçu du maître des instructions et des initiations «privilégiées». Ainsi le Reiki a-t-il vu naître diverses associations et surgir plusieurs maîtres n'appartenant à aucune association, dont certains prétendent même avoir été initiés directement par une voie intérieure sans recourir à un maître! Le nom Reiki n'est pas protégé et n'importe qui peut se prétendre maître Reiki demain matin et entreprendre sa pratique. Vive l'adolescence!
Les deux principales associations de Reiki ont été fondées par deux des 22 élèves de Mme Takata: la Reiki Alliance (RA) par Phylis Furomoto, la petite-fille de Mme Takata, et la American International Reiki Association (AIRA) par Barbara Weber Ray, une universitaire américaine.
L'Alliance propose une approche spirituelle et traditionnelle du Reiki. L'AIRA se veut plus pragmatique: elle gère un centre de documentation et utilise volontiers les techniques modernes de publicité. Elle a même introduit de nouveaux niveaux d'initiation auxquels seule Barbara Ray aurait eu accès, ce que conteste bien sûr Phylis Furomoto. Puisque le mot Reiki peut être employé par qui le désire, l'AIRA a déposé plusieurs expressions comme Real Reiki, The Radiance Technique et The Official Reiki Program pour se distinguer de ce qu'elle appelle les «autres choses nommées Reiki».
Au Québec où l'AIRA est peu présente, on trouve plusieurs maîtres liés à l'Alliance, de nombreux «indépendants» et de plus en plus de maîtres issus d'une nouvelle association, la American Reiki Master Association (ARMA). L'ARMA propose une approche fort différente de celle des deux autres groupements. Son fondateur, l'Américain Arthur Robertson, a été initié par Mme Iris Ishikuro, un des 22 maîtres originaux. Celle-ci considérait comme trop élevés les prix fixés par Mme Takata: 150 dollars et 500 dollars pour les deux premiers niveaux et 10.000 dollars pour devenir maître.
M. Robertson m'a affirmé que, avant de l'initier, Mme Ishikuro lui a fait promettre de ne pas demander plus de 150 dollars, 300 dollars et 1000 dollars respectivement. L'ARMA offre de plus la possibilité d'être initié aux deux premiers niveaux en une seule fin de semaine alors que l'Alliance, elle, prétend qu'il faut au moins trois mois d'intégration et de pratique après le premier niveau avant d'avoir accès au deuxième.
La pyramide Reiki
Avec l'ARMA, le Reiki est certes devenu accessible à beaucoup plus de gens. Mais on assiste aussi à une prolifération de maîtres Reiki, prêts à former d'autres maîtres dans une structure quasi pyramidale. Cette tendance inquiète vivement les tenants d'un Reiki plus traditionnel.
Joyce Morris, qui a fondé le Reiki Center de Los Angeles, a étudié avec Barbara Ray et a été membre de l'AIRA. Elle fait désormais partie de la Reiki Alliance et s'oppose à la nouvelle approche libérale du Reiki. Elle prétend qu'il faut respecter la lignée des maîtres qui passe par Mme Takata et remonte à Mikao Usui. Elle croit que l'art du Reiki s'est perdu il y a très longtemps pour avoir été utilisé sans la sagesse et le discernement suffisants. Il n'a été redécouvert qu'au milieu du XIXe siècle, et elle espère qu'il ne disparaîtra pas de nouveau par manque de sagesse.
Même opinion chez les autres membres de l'Alliance. Jalad, un maître de Montréal, me met en garde contre la spiritualité «à sensations». Il est catégorique: on ne devient pas un véritable maître Reiki en six mois. «Au McDonald's, vous allez manger, être repu et vous n'allez pas tomber malade; c'est bien, mais ce n'est pas de la gastronomie, ça n'offre qu'une petite partie de ce que peut être le plaisir de bien se nourrir. Il en va de même du Reiki sans l'intégration et la transformation personnelle. Cela ne risque pas de faire de tort, mais n'offre pas toute la force du «vrai» Reiki.»
Carrell Farmer de Winnipeg a été initiée par Phylis Furomoto, la fondatrice de l'Alliance. Elle est maître depuis 13 ans, ce qui en fait une des doyennes au Canada. L'état actuel du Reiki l'attriste, même si elle dit respecter les autres tendances. «Le Reiki est une expérience spirituelle sacrée et ne devrait jamais être réduit à quoi que ce soit de moindre. Le Reiki n'est pas une technique mais une pratique. Il est étonnant de simplicité et de puissance, mais il faut faire l'effort de le pratiquer régulièrement. Il n'y a pas de raccourcis pour devenir pianiste de concert, pas plus en Reiki.»
Selon Roger Papineau, également membre de l'Alliance et un des premiers maîtres au Québec, le prix de 10, 000 dollars exigé pour devenir maître sert de ticket modérateur et permet de départager les gens vraiment sérieux de ceux qui ne viendraient au Reiki que par curiosité. Il craint que des gens soient maintenant attirés par le Reiki uniquement pour devenir des praticiens et gagner de l'argent.
Le sacré plus important que l'argent
Membre de l'ARMA, Roger Foisy est le principal promoteur de la démocratisation du Reiki au Québec. Il demande 300 dollars pour l'initiation aux deux premiers niveaux puis 1000 dollars pour devenir maître. M. Foisy est naturopathe, docteur en philosophie et membre de plusieurs sociétés scientifiques internationales. Il a refusé d'accorder une entrevue au Guide Ressources. Sa porte-parole nous a fait savoir qu'il ne répondrait à aucune de nos questions parce qu'il ne voulait pas faire de politique.
Chetan Aseem, un des maîtres qu'il a initiés, affirme que le fait d'exiger 10.000 dollars pour devenir maître ne constitue pas une bonne façon d'écarter les gens moins sérieux. Pour des gens fortunés, débourser 10.000 dollars ne représente pas un obstacle majeur, et il serait dommage que ce prix élevé empêche des personnes de bonne volonté d'accéder au statut de maître. Chetan Aseem me confie avoir déjà refusé des gens disposés à payer pour devenir maîtres parce qu'il ne les sentait pas suffisamment prêts. Il ajoute que le côté sacré est plus important que l'argent, et qu'il ne faut pas que le sacré serve de prétexte au dogmatisme.
Que les intentions soient pures, soit. Mais Paul Martel, président de la coalition Réseau alternatif de santé du Québec, souhaite tout de même que le Reiki, comme les autres médecines douces, s'autoréglemente et se donne des normes de pratique ainsi qu'un code de déontologie afin que le consommateur s'y retrouve.
La technique du Reiki est d'une extrême simplicité. Certains ouvrages suggèrent qu'une fois initié on devient simplement un canal et que c'est l'énergie universelle qui fait tout le travail. Plusieurs maîtres et des praticiens d'autres types de médecine énergétique s'opposent à une approche aussi simpliste. En effet, quelqu'un qui sert de canal ne devient pas bêtement un tuyau. Il servirait plutôt de récepteur et d'amplificateur et la clarté de la transmission serait fonction de sa pureté d'intention et de sa capacité d'être impersonnel, aimant, détaché, généreux, sans attentes et sans interférences personnelles. Simple, certes, mais pas évident...
Je ne peux m'empêcher de voir une ressemblance avec l'alchimie: on dit parfois que la véritable raison d'être de l'alchimie n'était pas de transformer le plomb en or mais bien de transformer l'alchimiste lui-même pour le rendre aussi pur que l'or... Le Reiki peut être défini comme un outil de guérison destiné avant tout à se soigner et à soigner les autres, mais pourrait-il, comme l'alchimie, jouer également le rôle d'instrument de profonde transformation personnelle consciente? Entre ces deux pôles, toutes les nuances sont possibles. Tout ce qui brille n'est pas or, mais quelle est la véritable valeur de l'or?
L'imposition des mains comme Jésus-Christ
On présente le Reiki comme un art et une science millénaires qui auraient été oubliés par l'humanité puis redécouverts au milieu du siècle dernier par le moine Mikao Usui, alors recteur de l'université chrétienne de Kyoto, au Japon. Voici le récit qu'en font ses disciples.
Un élève aurait demandé à Usui une démonstration de guérison par l'imposition des mains comme la pratiquait Jésus-Christ. Ne pouvant répondre, Usui résolut de percer le mystère. Il se rendit d'abord à l'université de Chicago pour faire des études supérieures en théologie. Il analysa ensuite de nombreux ouvrages chinois et voyagea en Inde où il prit connaissance d'anciens textes sanskrits. De retour au Japon, il explora la tradition selon laquelle Bouddha aurait lui aussi procédé à des guérisons par imposition des mains. Après sept années de recherche, il mit la main sur d'anciens soûtras bouddhiques en sanskrit et découvrit des formules et des symboles de guérison apparemment utilisés jadis par Bouddha. Mais, malheureusement, rien sur la façon concrète de les utiliser.
Il se rendit alors sur la montagne sacrée de Kuriyama pour jeûner, méditer, lire des soûtras et réciter des mantras. Au bout de 21 jours, il reçut littéralement un jet de lumière dont se détachèrent par la suite les symboles sanskrits en question. Il aurait alors dit: «Oui, je me souviens.»
Le Reiki était né. Usui procéda à de nombreuses et spectaculaires guérisons par l'imposition des mains. Il aurait toutefois été déçu de constater que trop de gens ne cherchent que la guérison physique sans prendre la responsabilité de leur santé et de leur vie. Il ajouta donc à la technique du Reiki les cinq préceptes suivants: vivez confiants, un jour à la fois; vivez l'instant présent sans inquiétude; honorez vos parents, vos maîtres et vos aînés; gagnez honnêtement votre vie; rendez grâce à tous les êtres et à toutes choses.
Avant sa mort, Usui confia sa succession à Chijiro Ayashi qui dirigea la clinique de Reiki à Tokyo jusqu'en 1941. En 1935, une Américaine de Hawaii, en visite chez ses parents au Japon, se rendit à la clinique et fut complètement guérie du cancer en huit mois. Hawayo Takata se consacra alors entièrement au Reiki et succéda à Ayashi à sa mort. Elle pratiqua le Reiki à Hawaii à partir de 1938, mais n'accepta de former des maîtres qu'à la fin des années 70. A sa mort en 1980, elle avait formé 22 maîtres, des Canadiens et des Américains.
Ce texte a été publié originellement dans le Guide Ressources de janvier-février 1994, vol 9, no 5.
Publié le 01/12/2008 à 12:00 par toutsurlereikietlenergiedelaterre
L'énergie universelle contre le cancer!!!
Isabelle Roberge et Josée Nadia Drouin
Une invitation à une séance d'informations sur le Reiki, ou l'énergie universelle, parue dans un grand quotidien montréalais et parrainée' par la Société canadienne du cancer (SCC). L'organisme bénévole le plus influent au Canada auprès des personnes atteintes de cancer, se lance-t-il dans les pratiques nouvel-âge ?
En fait, depuis bientôt cinq ans, la division québécoise de la SCC aura offert, dans ses locaux montréalais, plus de 200 séances gratuites de détente Reiki prodiguées par la maître bénévole, Michèle Suro. D'une rencontre par semaine, la fréquence est passée, à trois mardis par mois. Aujourd'hui, sept femmes et deux hommes assistent à la séance. Des nouveaux et des habitués, des personnes qui cherchent des solutions contre le cancer, d'autres qui se sortent péniblement d'un traitement de radiothérapie et certains qui accompagnent un parent ou un ami.
Un traitement non conventionnel
À l'instar de maintes thérapies alternatives, de multiples vertus sont attribuées au Reiki. L'existence des champs d'énergie, présents dans le corps humain, sur lesquels se base cette approche, n'a cependant jamais été démontrée. Les différentes autorités médicales canadiennes ne reconnaissent pas non plus cette thérapie alternative.
Le Reiki prétend influer sur les champs d'énergie, rééquilibrer les "chakras", et retourner cette énergie au patient par simple imposition des mains. Il semblerait, toutefois, que le Reiki soit jugé sans danger pour les personnes atteintes de cancer au contraire de traitements en vogue comme le Essiac, le 714X ou même certains massages tactiles déconseillés aux personnes soumises à des traitements de chimiothérapie.
Le Reiki cautionné par la Société canadienne du cancer?
Interrogée sur la tenue de « séances de détente Reiki » à la SCC, Diane Lamontagne, conseillère aux communications pour la division québécoise de la Société, déclare : « Tout en recommandant les traitements plus conventionnels, la Société offre de l'information sur des approches alternatives qui semblent offrir du bien-être aux patients. Cette démarche doit cependant se faire sans interférer avec le traitement et après consultation avec l'équipe soignante. La Société ne cautionne pas le Reiki pas plus que la réflexologie mais si ces approches font du bien aux patients, c'est tant mieux. »
Pourtant, parmi les reportages et explications sur les diverses médecines douces inclus sur le CD-rom Vivre avec le cancer que la Société envoie à ceux qui en font la demande, on en trouve un où des personnes atteintes d'un cancer témoignent des bienfaits du Reiki. Désagréable impression de touche publicitaire pour une approche qui n'est pas cautionnée!
Martin Geoffroy, sociologue de l'Université de Montréal étudie ce qu'il appelle l'institutionnalisation du mouvement nouvel-âge, qu'il estime en cours depuis dix ans. « De plus en plus, de tels groupes profitent de la crédibilité d'une institution pour mousser leurs croyances. Il y a désormais un Ordre de chiropratique, soutenu et reconnu par des médecins. Ça s'est fait après des années de controverse. La prochaine croyance à être acceptée sera probablement l'homéopathie. Le discours au sujet de l'homéopathie est devenu tellement légitime qu'on vend des produits dans les pharmacies parce qu'il y a une demande. Je n'ai aucun problème à ce que les gens croient que le Reiki puisse leur faire du bien. Le problème, c'est à partir du moment qu'on dit que cette croyance guérit. Il est vrai que les gens ont besoin d'espoir et la médecine n'a pas grand-chose à offrir à part des drogues. Dans cette condition, pas étonnant que ces techniques nouvel-âge surgissent dans le cas de maladies en phase terminale. » Et pour lui, si les adeptes du nouvel-âge ont laissé tomber leur vocabulaire ésotérique pour un langage plus soft (parler de détente plutôt que de traitement), ce n'est qu'un compromis pour faire encore mieux accepter les concepts derrière ces mots. Une autre stratégie, en fait.
Yves Gingras, sociologue, physicien et professeur d'histoire des sciences à l'Université du Québec à Montréal, abonde dans le même sens : « Si une institution s'attache à une pratique, c'est un endossement institutionnel. Ceci donne de la crédibilité au Reiki. »
Une bonne partie des participants, rencontrés lors d'une séance récente, n'avaient d'ailleurs pas jugé nécessaire de consulter leur médecin avant. « Si la Société du cancer le parraine, c'est qu'elle croit que ça peut être bénéfique, en tout cas, que ça ne peut pas nuire. C'est effectivement différent, le fait que ça soit annoncé par la Société » admet Hélène, une des participantes. En un an et demi, Monique, infirmière en rémission depuis près de deux ans, est devenue, elle aussi, une habituée des séances de détente: « Si la Société a choisi d'instaurer le Reiki dans ses locaux, c'est parce qu'elle y croit beaucoup, sinon, je pense qu'elle ne l'aurait pas fait. »
La confusion d'Hélène et de Monique est compréhensible. Entre les services que la Société canadienne du cancer offre, et les positions officielles qu'elle émet sur son site « www.cancer.ca » ou encore dans les publications d'éducation populaire qu'elle distribue, il n'y a qu'une frontière aussi insaisissable qu'un chakra.
Le bureau national de la SCC n'émet, d'ailleurs, aucun commentaire quant à l'endossement, voulu ou non, de sa division québécoise : chacune des dix divisions de la Société est responsable de ses dépenses et de ses activités . La division ontarienne, par exemple, refuse d'offrir des services autres que les groupes d'entraide, le transport et le support téléphonique. Elle se concentre plutôt sur la recherche et les services communautaires laissant les activités à ses organismes partenaires. Christine Koserski, relationniste pour la Société, explique qu'il ne s'agit pas d'une question philosophique, mais bien de mandat. « Nous sommes redevables à nos donateurs et la majorité de ceux-ci désirent que nous investissions leurs dons dans la recherche, le support et l'information.»
Dans son programme de conférences, de brunchs répit et de groupes de soutien, l'Organisation québécoise des personnes atteinte de cancer (OQPAC) a présenté, il y a deux ans, une causerie sur le travail énergétique et sur le Qigong. Une maître Reiki y était invitée à parler de sa philosophie, sans pouvoir faire de démonstration. L'OQPAC refuse toutefois de transformer ces conférences en ateliers réguliers. Seuls le yoga, la visualisation et la PNL, des approches jugées peu controversées sont offertes. Micheline Simard, directrice de l'OQPAC, ne lance pas la pierre à la SCC, mais estime son choix audacieux : « On a affaire à des gens vulnérables, psychologiquement ébranlés, qui font face à un diagnostic sévère. Quand la médecine traditionnelle te dit : on ne peut rien faire, c'est le désespoir. Tu veux guérir coûte que coûte. Tu es donc prêt parfois à prendre n'importe quelle voie de sortie. » De même, chez Leucan, un parent sensible aux promesses du Reiki peut demander que son enfant reçoive un toucher. Leucan ne propose ni ne publicise le Reiki qu'il juge d'ailleurs de croyance. Le Reiki est offert à l'enfant en guise d'accompagnement ' et non de traitement ' dans un encadrement bien précis, suite à la demande du parent, après avoir vérifié que les attentes de ce dernier ne soient pas irréalistes.
Les principaux hôpitaux spécialisés en cancer au Québec, le Collège des médecins, l'Ordre des infirmières du Québec, l'Association des oncologues du Québec renvoient la même réponse: si ça ne fait pas mal, si c'est fait dans le respect du patient, on ne peut déconseiller. Ils s'empressent d'ajouter qu'ils ne peuvent le conseiller non plus. Un médecin spécialisé en oncologie dans un hôpital de l'Estrie, affirme que les médecins restent neutres et ne veulent pas se mêler des affaires des groupes d'entraide ou des OSBL : « Ça ne nous appartient pas de juger de leur décision. La Société canadienne du cancer est un service complémentaire. On n'encourage ni ne décourage leur discours. Notre profession est régie par ce qui est scientifiquement prouvé. Quand on travaille dans une institution comme la nôtre et qu'on fait partie d'un Ordre, on ne peut pas dire ce qu'on veut. Mais la Société Canadienne du cancer peut le faire, s'il n'y a pas de professionnels de la santé dans cette institution.»
L'oncologue Harry Pretty, celui qu'on appelait le médecin flyé des cancéreux, est loin d'être convaincu que le Reiki soit une activité curative mais ne voit pas de problèmes majeurs à la tenue de séances au sein de la SSC. « Le plus important, ce n'est pas une méthode plutôt qu'une autre, c'est l'implication du patient. Le gros problème, c'est que les gens arrêtent de vivre quand ils ont le cancer. Si vous êtes capable de les intéresser à un programme quelconque, si vous augmentez leur volonté de vivre, c'est un plus. Tant qu'un organisme responsable offre gratuitement ces ateliers, sans faire miroiter une quelconque guérison, ni empêcher le traitement conventionnel. Nous, les médecins traditionnels, avons plus de problèmes avec le racket des produits Shaklee qu'on vend partout en prétendant guérir le cancer?
Et la vulnérabilité?
La maître Reiki Michèle Suro réfute toute idée de vulnérabilité: « Même si tu es malade, tu as toujours ton libre arbitre. Le problème, quand on a le cancer, c'est l'angoisse, la peur, l'inconnu, la peur de mourir. Ces personnes gardent tout ça en silence comme elles gardent un secret. Avec le Reiki, elles relâchent les tensions. » Michèle Suro croit à l'auto-guérison, au renforcement du système immunitaire par l'acupuncture, comme elle bénit les chakras à la façon chrétienne.
Depuis les débuts de sa maladie, Hélène sent effectivement qu'elle est plus ouverte à quelque chose hors des sentiers battus. « Parce que tu n'as rien à perdre. Quand tu as un cancer avec métastase, c'est sûr que tu es vulnérable : tu vis avec une épée de Damoclès sur la tête ! Mais je ne me sens pas démunie du tout. Je ne me suis pas départie de mon sens critique. Ça apporte le calme, la concentration, la paie intérieure. Il y a aussi une énergie qui vient du groupe. Ça crée un climat de confiance et d'espoir et de solidarité. On en prend, on en laisse. Ce n'est pas une solution miracle. Mais, je crois que la relaxation peut être un élément favorable à la guérison. »
Le positivisme, ça s'achète !
Du positivisme, c'est ce que ces personnes viennent chercher. Pas étonnant, dès lors que plusieurs philosophies nouvelles en font leur fer de lance. « Ils ont toujours l'espoir de guérir. Il faut leur laisser cette possibilité. Si on te dit que tu es fini' Certains sont abandonnés, ça va même jusqu'au divorce. Il faut créer une ambiance de santé » affirme Robert, le mari de Monique, participante aux séances.
L'atelier est gratuit, certes, mais les offres sont nombreuses. Des dépliants annoncent les « cassettes de visualisation » de Mme Suro au prix de 10$, et ses sessions de formation (premier niveau : 100$, deuxième niveau : 200$) en plus des consultations individuelles et sur rendez-vous.
Mme Suro affirme qu'elle propose discrètement son produit dans les conférences et les séances de détente. Ce mardi-là, trois des membres avaient déjà leur cassette et une ou deux autres allaient l'acheter à la fin de la séance. Personne ne voyait de problème à ce qu'on en fasse le commerce à la Société : « Comment voulez-vous qu'on poursuive le travail si on n'a pas la cassette ? s'est étonnée une des participantes. C'est un outil de plus. »
La maison montréalaise de la Société, elle, voit la chose d'un tout autre oeil. Jusqu'à récemment, elle ignorait ces ventes. Les dirigeants ont sursauté lorsqu'on leur a appris la nouvelle. Ils ont émis une directive à Michèle Suro. Pour eux, l'ordre est clair: on peut donner de l'information à la personne qui en fait la demande, mais pas de sollicitation. Pourtant, même après cet avertissement, on trouvait les dépliants et les cassettes de Michèle Suro sur la table à café au centre, près des biscuits.
Ils sont rares les participants qui connaissent la réelle teneur du Reiki, ses promesses de guérison quasi miraculeuses que font miroiter les livres. Pour l'instant, Reiki rime pour eux avec un outil de détente.
Pendant ce temps, Michèle Suro a l'intention de présenter une causerie par mois, où que ce soit. Et elle passe le mot le mardi : « Je veux ouvrir dans d'autres organismes, si vous en entendez parler. Toujours dans la spontanéité du moment... »
Article paru dans la Presse dans l'édition du 10 juin 2002
http://www.cyberpresse.ca/reseau/tendances/0206/ten_102060107227.html